Kinésithérapie Pédiatrique

Kinésithérapie Pédiatrique

En kinésithérapie pédiatrique, nous retrouvons plus ou moins les mêmes pathologies que dans la kinésithérapie générale, c’est-à-dire qu’elle va traiter les troubles orthopédiques, respiratoires, viscéraux, neurologiques.

Il existe toutefois des pathologies propres aux enfants, et je suis formée en particulier pour les pathologies suivantes :

Les pathologies respiratoires

  • La bronchiolite : la bronchiolite est un virus s’attaquant aux bronchioles des nourrissons. Les scientifiques estiment que le système respiratoire n’est mature que vers l’âge de 7 ans ! Avant cela un nourrisson/bébé/enfant n’a pas la même capacité à évacuer ses glaires qu’un enfant plus âgé ou qu’un adulte. De plus, le système immunitaire n’est bien formé qu’entre les 3 et 6 ans d’un enfant. Aucun médicament n’étant spécifique à ce virus, le rôle du kinésithérapeute dans la prise en charge de la bronchiolite est essentiel.

Il est important de noter qu’un nourrisson ne respire QUE par le nez jusqu’à ses 3 mois au minimum ! Si son nez se retrouve encombré en plus de ses bronches cela peut avoir des conséquences dramatiques, n’hésitez donc pas à consulter un pédiatre dès les premiers signes de gêne respiratoire de votre nourrisson (battement des ailes du nez à l’inspiration, respiration laborieuse et rapide, geignement à l’expiration, respiration sifflante, creux apparent au niveau des côtes, lèvres/peau de couleur bleutées, fièvre, sont le signe que vous devez consulter un médecin d’urgence).

La prise en charge par le kinésithérapeute s’effectue APRES la consultation avec un médecin.

Le kiné va si nécessaire aider le nourrisson à se désencombrer, et expliquer aux parents les gestes à faire, comme par exemple la bonne manière de laver le nez, mais aussi des conseils d’hygiène de vie.

  • La mucoviscidose : la mucoviscidose est une maladie génétique, touchant principalement les voies respiratoires et le tube digestif. Elle se caractérise par des sécrétions visqueuses au niveau des organes internes, notamment les poumons et le pancréas. Les personnes touchées par cette maladie développent des symptômes généralement très jeunes, la maladie évoluant avec des périodes d’aggravation, devenant de plus en plus handicapante.

Un suivit à domicile par des soins infirmiers, en alternance avec des séjours/consultations à l’hôpital sont le quotidien de ces personnes touchées par la mucoviscidose.

La mise en place de séances de kinésithérapie (entre autres) aide le patient à améliorer sa qualité de vie, à s’autonomiser, à préparer une greffe de poumon, le suivit post-opératoire, etc… Elle est un soutient également aux familles, en particulier pour un patient très jeune où les parents sont souvent démunis et ne voient pas toutes les perspectives possibles.

Il est possible de vivre avec la maladie et j’ai eu l’occasion d’entendre de belles histoires. Je prends en exemple l’histoire d’Alexandre Allain, qui malgré sa maladie a montré qu’il était possible de faire les choses qu’on aime tout en suivant un protocole médical vraiment nécessaire. Il a par ailleurs écrit un livre : « Un souffle d’espoir ».

Voici une interview de son histoire : https://www.youtube.com/watch?v=r7SOYvysy5Y

Comme il le dit si bien, avec sa maladie il faut « ouvrir les portes, pas les fermer ».

  • L’asthme : environ 80% des personnes touchées par cette pathologie l’avaient déjà étant enfant.

Il s’agit d’un bronchospasme et d’une inflammation des bronches, qui s’installe souvent après un premier épisode infectieux dans l’enfance. Elle touche particulièrement les enfants nés prématurément.

Elle touche chaque enfant de manière très différente, avec des symptômes multiples, sévères (environ 5%) ou non, chaque cas est particulier et à prendre en considération.

Ces enfants peuvent être particulièrement sensible à certains allergènes : pollen, poils d’animaux, foin, etc…

Le traitement en kinésithérapie, à côté de la ventoline, des inhalations et autres médications, va être : l’amélioration de la qualité du souffle par des jeux respiratoires, l’éducation à certaines positions à prendre pendant une crise, à des massages et accompagnements visant à détendre le diaphragme entre les crises ainsi que d’autres muscles devenus douloureux notamment au niveau du thorax. Le kiné va aussi donner des conseils d’hygiène de vie à l’enfant et à ses parents : par exemple ne pas fumer dans la maison ou à côté de son enfant, aérer régulièrement la maison, éviter le contact avec certains allergènes lorsqu’ils sont connus, etc…

Les gènes jouent un rôle dans cette maladie, mais aussi l’environnement, il y a donc toujours possibilité d’améliorer la situation chez chaque patient.

Le torticolis congénital et la plagiocéphalie

  • Le torticolis congénital : on le remarque à la position « tordue » du cou du bébé à la naissance. Par exemple épaule gauche relevée, tête en latéroflexion gauche et rotation vers la droite. Le nourrisson ne regarde que dans une direction et semble gêné à en changer, cela est même souvent impossible.

Le torticolis est la plupart du temps positionnel (lié à la position du bébé dans le ventre de sa mère), ou physiologique (par exemple en cas d’hématome dans un des muscles du cou), ou encore mais cela est beaucoup plus rare, pour des causes neurologiques.

Après avoir fait un diagnostique chez un médecin, le kiné vous aidera à repositionner progressivement l’axe de la tête de votre bébé. Lorsque le torticolis est positionnel ou physiologique, le bébé finit toujours par retrouver une position normale en peu de temps.

  • La plagiocéphalie : il s’agit d’une déformation du crâne du nourrisson, où la tête est aplatie à l’arrière, avec une forme oblique.

Elle est souvent apparente à la naissance, par exemple dû à une mauvaise position dans le ventre de la maman, ou bien elle peut apparaître après la naissance, par exemple parce que le bébé n’est pas libre de ses mouvements, toujours dans la même position, le crâne grandit alors d’une manière asymétrique.

Pour certains médecins, elle n’est qu’un problème esthétique, pour d’autres, elle peut occasionner des retards de développement psycho-moteur, ce que je n’ai pour ma part pas encore observé.

Si elle est traitée dès les premières semaines de vie, on peut obtenir de très bons résultats en kinésithérapie et si nécessaire on peut aussi s’aider d’un casque orthopédique, dans ce cas le kinésithérapeute vous mettra en relation avec un médecin orthopédiste.